Espaces confinés... Problème de communication

Espaces confinés... Problème de communication

Kyle Kruger | Lundi 5 novembre 2018

Une citation du célèbre film de 1967 « Luke la main froide » résume parfaitement le problème auquel nous sommes confrontés dans les espaces confinés : « Ce que nous avons ici, c'est un problème de communication. Y a des hommes qu'on n'arrive pas à atteindre. » Près de 60 % des décès dans les espaces confinés concernent des sauveteurs[1], parce que les équipes qui se trouvent dans l'espace confiné ne peuvent pas informer l'extérieur du danger auquel elles sont exposées. Selon une étude de l'organisme américain National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), la majorité (plus de 55 %) de ces décès est due à un danger dans l'atmosphère. Régulièrement, des personnes meurent faute d'être averties que la zone où elles vont pénétrer contient une concentration de gaz mortelle. Le meilleur moyen d'éliminer les décès liés au gaz dans les espaces confinés est d'utiliser un système de détection de gaz fiable et d'exploiter la technologie disponible pour informer les secours du danger avant qu'ils n'interviennent. Nous devons résoudre ce problème de communication et comprendre comment secourir efficacement les personnes hors d'atteinte. 

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Problème n° 1 : pas de communication en temps réel sur les dangers du gaz entre les détecteurs – Par le passé, les appareils de détection de gaz se sont révélés très efficaces pour avertir ceux qui les portent des dangers. Toutefois, ils n'ont jamais permis d'alerter le reste de l'équipe. Compte tenu des statistiques de décès dans les espaces confinés, les équipes de secours ne devraient-elles pas être averties des conditions ambiantes avant d'intervenir ? Le surveillant ne devrait-il pas recevoir en temps réel les mesures effectuées dans l'espace confiné ? Compte tenu des avancées dans le domaine de la communication sans fil pour les appareils de détection de gaz, nous devons clarifier la manière dont ces informations doivent être communiquées. Les appareils qui transmettent par Internet des mesures de gaz à distance présentent certes des avantages. Mais ils ne sont d'aucune utilité pour l'équipe à proximité, dont les membres pourraient bien faire partie des « 60 % » précédemment évoqués. Le partage des mesures de gaz entre détecteurs grâce à la technologie LENS™ Wireless, par exemple, est le meilleur moyen d'avertir les équipes à proximité pour qu'elles puissent prendre les bonnes décisions en temps réel. De plus, les technologies telles que LENS permettent aux détecteurs personnels de communiquer avec les détecteurs de zone ; il suffit de placer ces détecteurs dans l'espace confiné pour obtenir des mesures de gaz sans avoir à y pénétrer. La mise en place de ces réseaux ad-hoc demande peu d'investissements et fournit à ceux qui en ont le plus besoin les données cruciales dont leur vie dépend.

Problème n° 2 : non-respect de la règle de prélèvement 6 et 2 – Un prélèvement doit toujours être effectué avant de pénétrer dans un espace confiné. Cette règle de bon sens est généralement acceptée. Cependant, la manière de procéder est souvent mal comprise. Prenons un exemple simple. Est-ce qu'un pêcheur qui jette sa ligne sans prendre de poisson en conclut immédiatement que le lac est vide ? Non ! Et pourquoi ? Parce que nous savons tous que la pêche demande du temps, de l'adresse et de la patience. Alors pourquoi tant de personnes introduisent-elles un tube dans un espace confiné, attendent quelques secondes, puis concluent immédiatement que la zone ne présente aucun danger ? La règle de prélèvement 6 et 2 fournit une méthode simple et claire pour vérifier qu'un espace est sécurisé. Elle stipule que le test doit durer 2 minutes PLUS… 6 secondes par mètre de tube d'échantillonnage. La durée du test dépend donc de la longueur du tube connecté, pas de la superficie de l'espace confiné. Prenons un exemple simple. Pour prélever un échantillon dans un espace de 1 m avec un tube de 6 m, combien de temps l'échantillonnage doit-il durer ? 2 minutes et 40 secondes ; soit environ 2 minutes plus 6 secondes par mètre de tube (ici, 6 m en tout). Et ce, pour chaque strate. Ne soyez pas si pressés de ranger vos tubes. Un test d'échantillonnage requiert du temps, de l'adresse et de la patience. Profitez-en pour réfléchir aux autres dangers que vous risquez de rencontrer en pénétrant dans la zone.

La surveillance continue d'un espace confiné permet
d'éviter que les conditions ambiantes
ne se détériorent sans que les équipes en soient informées.

Problème n° 3 : utilisation de fils ou de cordes pour suspendre les détecteurs – Je sais que je risque d'offenser ceux qui ont régulièrement recours à cette technique. Mais nous sommes en 2018. N'existe-t-il pas de meilleure solution pour tester l'air ambiant que d'attacher un équipement de sécurité à un fil ou une corde ? Cette pratique est à proscrire. La meilleure façon d'obtenir des mesures en temps réel et de tester avec précision l'air ambiant dans un espace confiné est d'utiliser correctement un détecteur muni d'une pompe (intégrée ou en option). C'est la seule manière d'obtenir des mesures de gaz précises en temps réel sans endommager le détecteur. Pire, si vous tentez de récupérer un appareil tombé dans un espace confiné, vous risquez de mettre une vie en danger. Si cela devait arriver, j'espère que vous aurez prévu un détecteur de secours.

Problème n° 4 : défaut de surveillance continue – Ce n'est pas parce que vous avez vérifié l'atmosphère d'un espace confiné avant d'y accéder (en supposant que vous avez utilisé la règle de prélèvement 6 et 2) que les conditions ne vont pas évoluer et se dégrader. Bien souvent, les travaux effectués dans les espaces confinés modifient l'environnement de manière dynamique, perturbant les anciens composants et en introduisant de nouveaux. La seule façon de s'assurer que l'air ambiant reste sain est d'effectuer une surveillance continue. Utiliser un ventilateur pour ventiler la zone ne signifie pas A). Que l'air ventilé est sain (en particulier s'il est proche d'un tuyau d'échappement) ou B). Que le flux d'air est suffisant pour éviter tout danger.

Prenez le temps ce mois-ci de revoir la procédure que vous utilisez dans les espaces confinés et d'envisager un scénario d'incident lié à une atmosphère dangereuse. Mettez-vous dans la peau d'une personne qui s'apprête à pénétrer dans une atmosphère contaminée… A-t-elle simplement eu à cocher des cases pendant sa formation ? Ou a-t-elle été formée sur le terrain aux bonnes pratiques d'accès ? À présent, mettez-vous dans la peau de ses collègues/amis qui veulent tout faire pour la secourir. Reçoivent-ils tous en temps réel les informations nécessaires sur l'atmosphère de l'espace confiné ? Nous ne devons certainement pas nous résigner à ce que des personnes meurent dans les espaces confinés du fait de problèmes de communication. Nous devons au contraire tirer parti de la technologie et des bonnes pratiques pour mettre fin aux accidents mortels au travail.

[1] https://www.cdc.gov/niosh/docs/94-103/pdfs/94-103.pdf?id=10.26616/NIOSHPUB94103

Cet article a été publié dans le numéro de novembre 2018 d'OH&S magazine.